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Bernard-Henri Lévy, idéaliste européen, a mis tous ses talents (c’est dire!) au service de sa cause. Il a écrit (prétend-il) un «hymne à l’Europe» qui devait résonner comme un chant de partisans «dans une quinzaine de villes». Lesquelles, à en croire son pitch, seraient occupées par les forces du Mal:

«Une tournée comme un appel. Un voyage comme une invitation au sursaut. La contribution d’un écrivain à la nouvelle résistance européenne qui doit s’organiser sans tarder.»

Cette invitation au sursaut se présente comme une pièce au titre anglais, Looking for Europe, où il fait dans diverses poses incongrues la démonstration de son anglais de Frenchie accablant. Tout cet étalage d’anglomanie en hommage à une communauté que les Rosbifs, justement, s’apprêtent à quitter après l’avoir copieusement poignardée.

Sa version VIP du théâtre de l’absurde ne semble pas magnétiser les foules. En tout cas pas en Helvétie, cette vierge réfractaire que BHL comptait prendre d’assaut pour la livrer, séduite, à Bruxelles. Or malgré l’appui marketing massif du service public suisse, ses deux représentations locales ont été annulées.

Pourquoi BHL a-t-il cédé ces deux villes aux griffes des ténèbres? Par crainte du terrorisme pâtissier? Même pas. «Disons que le spectacle n’a pas rencontré la même ferveur que dans d’autres pays européens» sussure Michael Drieberg, l’organisateur, avec un sens tout oriental de la litote. Le Matin, qui le cite, est beaucoup moins diplomate, titrant: «Gros flop pour Bernard-Henri Lévy en Suisse». Au moins, les rares gogos ayant acheté leurs billets pourront-ils se faire rembourser.

N’ayons crainte: BHL n’y ira pas de sa poche. Le Canard enchaîné nous apprend que sa tournée de «résistance» a été copieusement financée par des chaînes de télévision, Canal Plus (300’000 €), France 3 (230’000) et Arte (200’000 €).

«Des financements qui posent question lorsqu’on sait que Bernard-Henri Lévy est notamment le président du conseil de surveillance d’Arte et que les élections européennes se profilent dans un avenir politique très proche», relève Putsch non sans malice. Autrement dit, la campagne arrosée d’argent public et lubrifiée par un conflit d’intérêt gros comme le bras risquerait de produire l’effet exactement contraire à celui espéré: renforcer au lieu de les dissiper les forces des ténèbres qui envahissent le continent. Primaires et mal élevés comme ils sont, les électeurs ne manqueront pas une fois de plus, d’établir la connexion grossière «UE = corruption» — et c’est BHL lui-même qui leur en fournit l’argument.

La «fête à l’Europe» touitée par l’infatigable bateleur risque bien de finir en soupe à la grimace. Mais ce n’est ni le premier ni le dernier bide essuyé par ce professionnel du naufrage. Sa résilience au ridicule constitue une énigme quasi surnaturelle. La suite de sa carrière a été parfaitement résumée par le meilleur démonologue du moment, Pacôme Thiellement:

«Biyatch Hell va terminer sa vie comme un personnage de Werner Herzog joué par Klaus Kinski : à déclamer ses monologues ampoulés et grotesques dans des amphithéâtres vides, des salles de théâtre sans spectateurs, des opéras construits à sa gloire au milieu de pays dévastés par la guerre, devant un public de ouistitis ou de petits singes capucins.»

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