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J’aime la presse indépendante sous des formes diverses: je suis abonné à l’Antipresse, mais aussi à «Vigousse». Je n’attends pas de l’Antipresse qu’elle me conforte dans mes idées, mais qu’elle me bouscule. Le risque de rester enfermé dans une bulle d’opinions et de goûts partagés n’est pas qu’une affaire d’algorithmes; il se manifeste aussi dans l’habitude pantouflarde de lire toujours le même journal. J’attends de l’Antipresse qu’elle ébranle mes algorithmes intérieurs…

À cet égard, mission accomplie. Mon premier plaisir, c’est de ne pas retrouver dans l’Antipresse la hiérarchie de l’information qui s’impose partout et selon laquelle la mort de Johnny est un événement de nature à écraser tous les autres pendant au moins quinze jours. Merci de cette bouffée d’oxygène.

Bien sûr, je suis loin de partager toutes les opinions exprimées, en particulier sur les questions climatiques ou écologiques. Vous n’échappez pas à la pente complotiste et cela me chagrine parfois. Par exemple: imaginer que la réintroduction du loup serait politiquement destinée à dissuader les gens d’aller à la montagne ou en forêt, afin de les maintenir là où leur surveillance est plus aisée, est-ce bien sérieux?

Mais j’apprécie le caractère inattendu de certains sujets, la liberté de ton avec laquelle ils sont traités et le souci de ne pas bêler avec les «mutins de Panurge» (Philippe Muray). J’aime aussi l’exigence qui pousse vos rédacteurs à soigner leur prose. Ce n’est pas une question décorative: la forme, comme disait Hugo, «c’est le fond qui remonte à la surface» et le journalisme devrait s’en souvenir. C’est en publiant de longs articles bien écrits que vous êtes vraiment «anti». Au fond, c’est l’Antitweet plus que l’Antipresse.

En résumé, l’Antipresse m’intéresse, m’intrigue, me désarçonne, me ravit, m’amuse, m’excite, m’énerve, me fait passer par une foule de sentiments et c’est sans doute un bon signe. C’est ce qu’on appelle un lien affectif. Je pense que l’avenir des journaux dépend en grande partie de leur capacité à nouer de tels liens avec leurs lecteurs.

+ Michel Audétat est journaliste au Matin Dimanche et chroniqueur aux Beaux parleurs de la RTS.

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