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Un peu comme Jacques Brel, et même si je ne me trouve pas systématiquement à Orly ce jour-là (cela arrive néanmoins, hélas, et souvent par temps de pluie), je trouve que «c’est triste le dimanche». N’ayant point été touché par la grâce divine, ce n’est donc pas dans une chapelle ou église que je traite ce malaise dominical mais dans la lecture de cette publication subversive et inclassable appelée l’Antipresse. Un titre des plus pertinents lorsqu’on connaît la théorie de mon camarade (tovarichtch, parfois) Slobodan Despot sur les «médias de grand chemin» et la presse institutionnelle. Henri Béraud (1885-1958), écrivain et reporter, Prix Goncourt 1922 et Lyonnais pur jus (Lugdunum patria nostra!), définissait de la sorte cette profession qui consiste à «écrire dans les feuilles» (c’était à l’époque de l’imprimerie et des tirages fabuleux, avant Steve Job et Bill Gates, temps bénis…) : «Le journalisme est un métier où l’on passe la moitié de sa vie à parler de ce qu’on ne connaît pas et l’autre moitié à taire ce que l’on sait». Vrai, et je parle d’expérience puisque je fais partie de la corporation.

L’Antipresse fait mentir cette formule que j’ai pourtant toujours considérée comme véridique, d’autant qu’elle fut émise par l’un de mes maîtres en profession et réflexion. La revue qui nous intéresse parle de ce qu’elle connaît et ne tait pas ce qu’elle sait. Un tour de force. Ce que j’apprécie dans l’Antipresse? La qualité du style, le choix décalé des sujets, l’érudition des auteurs, les décryptages géopolitiques, les digressions littéraires, les envolées métaphysiques: voici pour l’essentiel. N’en jetez plus!

J’ajouterai que j’admire le courage de ses responsables, qui ne comptent que sur leurs propres forces (merci Mao), au mépris évident de leur confort bourgeois et de leur statut social. On juge les hommes au mépris qu’ils présentent face aux convenances et aux jugements. En ce sens, les collaborateurs de l’Antipresse sont exemplaires. Et le résultat est à la hauteur de leur engagement. Qu’ils en soient remerciés!

  • Jean-Louis Tremblais est journaliste et reporter au Figaro.

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