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Son nom se prononce comme celui de Poutine, lorsqu’on a un gros rhume. Maria Boutina, jeune étudiante russe, vient d’empocher un master en relations internationales de l’Université de Washington lorsqu’elle est arrêtée par le FBI le 15 juillet 2018, veille de la rencontre de Trump et Poutine à Helsinki. Difficile de croire à une coïncidence! Il manquait aux médias dominants, au Parti démocrate et au marais de Washington de quoi créer une atmosphère propice aux accusations de trahison portées contre Trump, coupable d’engager le dialogue avec le maître du Kremlin. Les limiers du FBI arrivaient à point nommé en débusquant une Mata Hari qui conspirait contre les Etats-Unis, «en infiltrant des organisations actives dans la politique américaine dans un effort visant à promouvoir les intérêts de la Fédération russe, sans en avoir notifié au préalable le Procureur général».

Quelques voix s’étaient élevées pour s’étonner du peu de substance des accusations portées contre la conspiratrice de 29 ans. Son crime: avoir négligé de s’enregistrer comme agente d’une puissance étrangère. Pour Tucker Carlson, le présentateur hérétique de la chaîne Fox News, le chef d’accusation n’était que du B.S., du «bullshit». Dit poliment, du baratin.

La plaisanterie a tout de même valu à Maria de croupir 15 mois dans les geôles US, dont plusieurs à l’isolement. Elle encourait une peine maximale de 5 ans, mais en échange d’un aveu de culpabilité — tout se négocie dans la justice américaine — sa condamnation sans procès a été réduite à moins de deux ans. En octobre dernier, avant l’expiration de sa peine, Maria a été finalement renvoyée dans sa patrie.

En réalité, Maria Boutina s’est laissée piéger par son propre rêve, celui d’acclimater en Russie une institution typiquement américaine: la National Rifle Association (NRA). Native de la lointaine Barnaoul, une ville aux confins de la Sibérie et du Kazakhstan, elle avait partagé avec son père la passion de la chasse et une fascination pour les armes. Très tôt engagée en politique, elle monte à Moscou où elle fonde à 23 ans l’association «Droit de porter des armes». Elle devient l’assistante du très influent sénateur Torshin qui milite pour la même cause et qu’elle accompagne aux USA pour rencontrer les responsables de la NRA. Ces échanges se font au grand jour et à visage découvert. Seule entorse au droit: Maria ne s’est pas déclarée. Sa vraie faute aura été de croire naïvement qu’elle pouvait contribuer au rapprochement des Etats-Unis et de la Russie à un moment où au pays de la Liberté les contacts avec des Russes étaient devenus passibles de prison.
Devant les caméras qui l’accueillaient à son retour au pays, Maria Boutina a mis en garde ses compatriotes: ne vous laissez pas, comme moi, fasciner par l’Amérique!
J.-M. Bovy/14.11.2019

 

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