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Pendant que la série américaine Tchernobyl jette une lumière féroce sur le plus terrible accident nucléaire civil de l’histoire, la France dort sur les deux oreilles avec ses 60 centrales. L’Hexagone, c’est pas l’URSS… A moins que?

Une tribune alarmante de Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement, soulève des questions gênantes sur un ton d’une franchise inhabituelle:

L’effondrement, car c’est bien de cela dont il s’agit, du modèle nucléaire français devient une évidence pour l’ensemble de nos concitoyens — à l’exception du lobby nucléaire, appuyé par l’appareil d’État qu’il contrôle pour partie, dont le volontarisme est inversement proportionnel au succès de ses entreprises.

De quel effondrement s’agit-il? Administratif d’abord: le dinosaure EDF paraît totalement dépassé comme l’illustre le «naufrage de Flamanville».

Pour avoir voulu forcer l’Autorité de Sûreté Nucléaire, en s’appuyant sur la puissance de l’appareil d’État, malgré les multiples et divers défauts, anomalies et manquements aux réglementations, EDF se retrouve dans l’incapacité de mettre en service une installation dont le coût est annoncé aujourd’hui à 11 milliards (3 à l’origine), sans doute beaucoup plus.

Technologique ensuite, avec la «perte totale de savoir-faire de notre opérateur national». Financier enfin, avec l’impossibilité de financer non seulement de nouvelles centrales, mais encore — c’est plus alarmant — la sécurité des anciennes. Or, l’Etat s’entête à prolonger leur durée de vie au-delà de toute longévité raisonnable.

Tous les ingrédients semblent réunis pour une catastrophe — au moins économique. La solution Lepage: cesser de désinformer sur le coût réel du nucléaire civil et prendre au sérieux, comme la Grande-Bretagne, l’alternative renouvelable.

De toute façon, l’énergie nucléaire est condamnée à terme et tout d’abord pour des raisons financières. Le manque de rentabilité ne peut même plus être compensé par la prétention à offrir une électricité d’une nature différente de celle des énergies dites intermittentes pour la bonne et simple raison que tout d’abord toutes les énergies renouvelables n’ont pas cette qualité et que de surcroît, les capacités de stockage deviennent de jour en jour de plus en plus grandes.

Une prise de position qui prête sans doute le flanc à la polémique, mais qui a l’avantage de secouer un mastodonte trop longtemps endormi.

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