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Le trentième anniversaire de la chute du Mur de Berlin approche. L’heure des bilans a sonné. La NZZ prend les devants en ouvrant ses colonnes à Sonja Margolina, publiciste née à Moscou et formée en Allemagne réunifiée. Sous le titre «1989 a été pour l’Occident une victoire que l’on peine aujourd’hui à distinguer d’une défaite», la journaliste fait part de sa désillusion. «Après 30 ans d’un partenariat visant la modernisation, il faut constater que ce pays (la Russie) n’est pas devenu plus démocratique, mais plus autoritaire et agressif (…). Ceux qui ont cru que la Russie aurait pu – le temps aidant – « s’occidentaliser » et que l’on serait parvenu à une sorte de convergence, se sont bien trompés. »
L’invitée de la NZZ feint d’ignorer que la décennie des années 90, dite de modernisation à l’occidentale, a été particulièrement sombre pour les Russes. Avec un PIB en chute libre, une espérance de vie masculine en recul de sept ans et les couloirs du métro encombrés de babouchkas vendant leur dernier bout de ficelle, l’ère Eltsine doit être vue comme l’application ratée des recettes ultralibérales des Chicago Boys qui conseillaient le grand Boris.
Si les puissances occidentales avaient sincèrement voulu la démocratisation de la Russie, pourquoi auraient-elles favorisé la mise à l’encan du pays tout entier, en le faisant passer d’un jour à l’autre du «tout à l’Etat» au «tout privé» ? Cette privatisation à tout va masquait à peine l’intention des grands groupes internationaux de mettre la main sur les immenses ressources naturelles de la Russie, quitte à favoriser – démocratiquement, il va de soi – un démembrement de la Fédération russe, après celui de l’URSS. Elle a aussi déterminé l’émergence d’une oligarchie qui continue aujourd’hui de tenir le pays, tant il est vrai que privatisation se conjugue mal avec démocratisation.
N’avait été la reprise en mains par Poutine en 1999, les maîtres de l’Occident auraient pu réussir leur coup et contraindre la Russie à vivre selon leurs règles. S’ils avaient réussi, Sonja Margolina serait aujourd’hui moins triste pour son pays d’origine et pourrait crier victoire.
J.-M. Bovy/17.07.19

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