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C’était il y a deux ans. Sur un banc public de la ville anglaise de Salisbury, l’ex-agent double Serguei Skripal, ainsi que sa fille Ioulia, sont trouvés dans un état grave qui fait penser à un empoisonnement. Dans les jours qui suivent, la Première ministre Theresa May prend à témoin la Chambre des Communes en déclarant « hautement probable » que la Russie se cache derrière cette attaque au poison Novitchok. Sans attendre les résultats d’une enquête, le gouvernement britannique déclenche une pluie de sanctions sur la Russie présumée coupable.

Dans le brouillard d’incertitudes et d’accusations croisées qui continuent de planer sur l’affaire Skripal, une chose est désormais certaine: Theresa May a menti en déclarant devant le Parlement que « seule la Russie avait les moyens techniques, l’expérience opérationnelle et un motif suffisant pour lancer cette attaque ». Elle ne pouvait pas ignorer que son propre Ministère de la Défense produisait et testait le Novitchok dans ses laboratoires de Porton Down situés – ô coïncidence – à deux pas de Salisbury.

Longtemps correspondant à Moscou, le journaliste d’origine australienne John Helmer a conseillé divers gouvernements et enseigné les sciences politiques, la sociologie et le journalisme à l’université. Il révèle dans un récent ouvrage, intitulé Skripal in prison, que « Porton Down n’est que l’un des 25 laboratoires que le Pentagone finance de par le monde et où l’armée US produit et teste des virus, des bactéries et des toxines d’origine synthétique en violation directe de la Convention des Nations Unies [sur les armes chimiques] ». Sur la base de son enquête de plus de 300 pages, Helmer ose avancer une autre version « hautement probable » de l’empoisonnement des Skripal : « Si les opérations menées à Porton Down ont éveillé les soupçons des services de renseignement militaire russe (GRU), elles sont devenues pour eux une cible évidente d’espionage longtemps avant l’attentat contre les Skripal, ce qui explique les mouvements d’agents du GRU dans la région de Salisbury. Si le contre-espionage britannique soupçonnait Serguei Skripal de vouloir renseigner le GRU sur les secrets de Porton Down liés au Novitchok et qu’il l’ait pris la main dans le sac il y a deux ans, alors l’anniversaire de l’incident de Salisbury en mars prochain revêtirait une signification bien différente».

Grands maîtres du double langage et du camouflage, les Services britanniques seraient ainsi parvenus, selon la version Helmer, à emprisonner sans procès les Skripal dans un lieu tenu secret, alors qu’ils prétendent les garder à l’abri d’une nouvelle attaque vengeresse de leur pays d’origine.

J.-M. Bovy/28.02.2020

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