fbpx
Sélectionner une page

«L’Est de l’Ukraine est en partie sous occupation russe». C’est ce qu’on peut lire au détour d’une phrase d’un article du Tages Anzeiger, par ailleurs excellent, consacré à l’affaire Biden en Ukraine. La chose est dite comme si elle ne pouvait laisser subsister le moindre doute, au même titre que l’annexion de la Crimée. C’est ainsi, par du goutte à goutte, que le dogme, en l’occurrence un mensonge érigé en vérité irréfutable, s’instille dans l’esprit des lecteurs de nos grands médias.

L’affirmation est d’autant plus insidieuse qu’elle vient en conclusion d’un très bon travail de journaliste, où les faits semblent avoir été vérifiés. Le mensonge avance masqué par une masse de faits éprouvés, mais est-il conscient? La rédaction du Tagi pourrait avoir laissé passer le mensonge de son journaliste ou s’est-il lui-même laissé convaincre que Poutine, contre toute évidence, a envoyé des troupes pour occuper le Donbass, à l’instar des petits hommes verts qu’on dit s’être emparés de la Crimée?

S’il est possible de se racheter d’un mensonge, le Tagi le fait bien. A la différence de la plupart de nos médias, il est allé voir ce que cachait le scandale qui vaut à Trump d’être menacé de destitution par le Congrès américain. Un scandale, quel scandale? Celui d’un président en fonction accusé d’outrepasser ses pouvoirs dans le but de nuire à celui qui se profile comme son concurrent dans les prochaines élections présidentielles? Ou celui d’un ancien vice-président qui en 2016 a menacé publiquement Porochenko de refuser à l’Ukraine une aide militaire de plus de 1 milliard de dollars, s’il ne limogeait pas son procureur général?

Biden n’a pas fait mystère de la manière dont il a imposé sa volonté au président Porochenko. Voici ses propres termes, révélateurs d’une grossière arrogance: «Je leur ai dit: nous allons quitter ce pays [l’Ukraine] dans les six heures. Si dans l’intervalle, le procureur général n’a pas été viré, vous ne recevrez pas l’argent». Cet ultimatum a eu l’effet escompté: le procureur a été limogé et Biden très fier de conclure: «Et bien, le fils de pute [son of a bitch] a été viré!». (1)

L’évidence est là: Joe Biden, à qui Obama avait délégué les affaires ukrainiennes et chinoises, s’est ingéré brutalement dans les affaires d’un pays rendu à la botte des USA et a pratiqué une forme étatique de corruption au carré. En échange d’un milliard, il a demandé à Porochenko de destituer son procureur général qui avait le tort d’enquêter sur une société ukrainienne où le fils de Biden s’engraissait à la louche. À moins que Trump ne soit destitué, pour avoir convaincu Zelensky de l’aider à révéler ce scandale ébouriffant, ce sera au peuple américain de décider lequel des deux candidats à la présidence il estime le plus corrompu.

Pardonné, le Tagi pour cet éclairage édifiant d’un exemple de corruption démocratiquement correcte?

J.-M. Bovy/01.10.2019

 

(1) La séquence vidéo de cet aveu sidérant de Biden peut être visionnée dans cette analyse de Stratpol.

Désintoxiquez-vous:
lisez l’Antipresse!

• …en vous abonnant à notre lettre-magazine du dimanche matin

• ou en vous inscrivant à notre bulletin de liaison gratuit (ci-dessous).

…Et soyez assurés que vos informations ne seront revendues à personne!

Bienvenue dans la communauté de l’Antipresse!